14 juin 2006

Vérité Lyrique



Si le rouge et le noir sont désormais passés,

Si le poing au ciel n’est plus signe d’utopie,

C’est que les pianos n’ont plus de mélodies,

C’est que la vie a depuis longtemps trépassée.


Ne reste que des bribes d’histoire, menhir,

Terrés dans des cœurs enveloppés d’un drapeau

Noir comme les trottoirs au sortir du bistrot.

Le pianiste ivre sent son inspiration mourir.


Regagner son lit, s’enfermer, rêveur,

Derrière les barricades, hurler les slogans.

Boire sans remord, à coup de scrutin, le sang,

De nos aînés, tombés pour un monde meilleur.


La musique, comme le vin, n’a plus de goût,

La vie, comme le rêve, est impalpable,

Le monde à cette idée du fatalisme,

Qui ne m’inspire que révolte et dégoût.

"Ils ont un drapeau noir en berne sur l'espoir..." Léo Ferré